Dernières actualités

Le président de la Fédération de karaté-do dans la tourmente

BY Sport 24

Par Aomar MOUSSI

La Fédération algérienne de karaté-do traverse une période de vive agitation en raison de l’accumulation de critiques et de plaintes concernant sa gestion.

Son président, Reda Benkaddour, se retrouve dans une situation délicate qui pourrait bien sonner le glas de son mandat, sur fond d’absence de consensus au sein du bureau fédéral et de réserves croissantes quant au processus de prise de décision. Cette situation survient alors que l’Algérie a clôturé sa participation au championnat d’Afrique à la deuxième place, avec un total de 41 médailles — dont 8 en or, 13 en argent et 20 en bronze. Si ce bilan mérite d’être salué sur le plan sportif, compte tenu des efforts fournis par les athlètes et les entraîneurs, une analyse approfondie des chiffres met en évidence un écart considérable avec la sélection égyptienne, qui a dominé le classement avec 50 médailles, dont pas moins de 30 en or.

8 médailles d’or… Quel est le rôle de la Direction technique ?

La deuxième place ne saurait être considérée comme un échec, pas plus que l’on ne peut minimiser la valeur des 41 médailles remportées par les jeunes Algériens ou déprécier le travail des entraîneurs. Toutefois, lorsqu’il s’agit de catégories d’âge censées constituer un vivier pour les équipes nationales, l’écart de 22 médailles d’or avec l’Égypte soulève de sérieuses interrogations quant au travail de base et au système technique mis en place. C’est ici qu’intervient la responsabilité de la Direction technique nationale, non seulement en ce qui concerne les résultats, mais aussi quant aux modalités de sélection et à l’octroi des chances. L’intégration au sein des équipes nationales doit reposer sur des critères clairs et transparents, exempts de toute autre considération, tout en garantissant le suivi des talents à travers les différentes wilayas et les clubs. L’Algérie ne se résume pas à la capitale ; les écoles de karaté-do de Barika, Annaba, Oran, Mostaganem, Oued Souf, Ghardaïa et d’autres localités regorgent de talents et d’entraîneurs œuvrant dans des conditions qui ne sont pas toujours idéales. Tout sportif démontrant sa valeur sur le tatami est en droit de voir la voie vers l’équipe nationale s’ouvrir devant lui.

Décisions unilatérales et plaintes adressées au ministère

Les informations circulant au sein de la famille du karaté-do font état de tensions au sein de la fédération, sur fond de décisions prises unilatéralement par le président, sans consultation des membres de son bureau ; un point qui, selon les éléments disponibles, figure parmi les plaintes parvenues au ministère de tutelle. Par ailleurs, selon des sources internes à l’instance, le président de la fédération n’est pas parvenu à faire l’unanimité en son sein ; une situation qui a exacerbé les dissensions ces derniers temps et ouvert la voie à des appels en faveur d’une révision du mode de gestion. L’un des points suscitant le plus d’interrogations concerne le championnat d’Afrique organisé par l’Algérie : il ressort en effet que le comité d’organisation n’a pas été mis en place dans les délais auxquels le président de la fédération s’était engagé auprès de la commission sectorielle en juin dernier, ce qui a eu des répercussions sur les préparatifs et l’organisation générale de cet événement continental.

Tensions avec la Fédération africaine et problèmes d’arbitrage

Les problèmes ne se sont pas limités au volet organisationnel ; selon des sources bien informées, ils ont également affecté les relations avec la Fédération africaine de karaté-do. Il est en effet question d’une crise de confiance ayant entraîné, entre autres, un retard dans la remise de plusieurs certificats relatifs à la formation des arbitres. Cette question revêt une importance particulière compte tenu de la participation de plus de 250 arbitres algériens à la session de formation, avant que ne surgissent des problèmes concernant les badges d’arbitrage et les certificats. Selon nos sources, cette situation a eu des répercussions sur la participation de plusieurs arbitres algériens au championnat d’Afrique organisé dans notre pays, ces derniers s’étant retrouvés écartés de l’arbitrage de la compétition alors même que l’événement continental se déroulait sur le sol algérien ; un dossier qui nécessite des éclaircissements explicites de la part de la Fédération et de la Confédération africaine. Parmi les critiques adressées à la Fédération et à la Direction technique figure également l’absence d’une feuille de route claire concernant les championnats de jeunes, ce qui soulève une interrogation plus large sur le projet sportif que la Fédération est censée mener à moyen et long terme.Le travail avec les catégories de jeunes ne saurait se limiter aux seules échéances continentales ; il nécessite un programme clair, des compétitions régulières, une sélection continue et un suivi rigoureux des athlètes, afin que les médailles deviennent le fruit naturel d’un travail de longue haleine plutôt qu’un simple objectif saisonnier. Par ailleurs, la question de la sélection des représentants de l’Algérie pour les compétitions internationales demeure l’un des dossiers les plus sensibles, sur fond de critiques concernant un manque de transparence dans le processus de sélection. L’exigence est ici unique : le mérite sportif.

Le marché de l’hébergement suscite des interrogations

Des sources fiables indiquent que le président de la Fédération algérienne de karaté-do, Reda Benkaddour, souhaitait confier le marché de l’hébergement pour le championnat à une agence de voyages ; une initiative qui soulève, à son tour, des questions quant à la gestion de ce dossier, compte tenu notamment des sommes importantes en jeu pour l’organisation d’une compétition continentale.Si ces informations s’avèrent exactes, la Fédération doit fournir des éclaircissements officiels par la voix de son plus haut responsable ; en effet, la transparence dans ce type de dossiers ne saurait être considérée comme un détail secondaire, mais constitue au contraire un élément essentiel d’une bonne gestion et de la préservation de l’image de l’instance sportive. Entre des résultats en deçà des attentes, des problèmes d’organisation, des griefs concernant la gestion, la controverse autour de l’arbitrage et les relations avec la Confédération africaine, Ridha Ben Kaddour traverse la période la plus difficile depuis son accession à la présidence de la Fédération, dans l’attente de l’évolution de la situation.

A.M.

Sport 24

Written by

Sport 24

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *