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Ligue 1 : Les insultes envers les arbitres se multiplient dans le championnat algérien

BY Sport 24

Par Aomar MOUSSI

Les trois premières journées du championnat de Ligue 1 professionnelle, dont le calendrier a été perturbé par le report de plusieurs rencontres, ont mis en évidence une intensification des contestations concernant les décisions arbitrales.

Dans plusieurs stades algériens, les protestations des joueurs, entraîneurs et membres des staffs techniques ont dégénéré en insultes directes à l’encontre des arbitres, une situation qui soulève des interrogations quant à l’état de l’arbitrage et au niveau de confiance accordé à l’instance dirigée par Mehdi Abid Charef. Cette escalade a débuté dès la première journée, lors du match opposant la JS El Biar à l’Olympique Akbou. Une rencontre remportée par l’équipe visiteuse sur le score de 2-0. L’arbitre Tayeb Benyebka a alors brandi un carton rouge au capitain de la JS El Biar, Fayçal Abdat, pour avoir agressé verbalement le corps arbitral et proféré des injures, selon le rapport établi à ce sujet. La commission de discipline a sanctionné le joueur d’une suspension ferme de deux matchs assortie d’une amende. Les incidents ne se sont pas arrêtés là ; la deuxième journée a été marquée par un autre fait impliquant l’attaquant du CR Belouizdad, Yousri Bouzouk, lors du match contre l’ES Sétif. Après avoir contesté une décision de l’arbitre Rafik Tayeb Boudarbal et écopé d’un carton jaune, le joueur a proféré des insultes directes à l’encontre de l’officiel, entraînant un second avertissement synonyme d’expulsion. La situation s’est encore compliquée lorsque le joueur a refusé d’obtempérer immédiatement à la décision et de quitter le terrain, poursuivant ses vives protestations. Ce comportement a eu une incidence sur la sanction qui lui a été infligée. La commission de discipline a ainsi prononcé à l’encontre de Bouzouk une suspension ferme de six matchs au total, quatre pour avoir insulté l’arbitre et deux supplémentaires pour avoir refusé de quitter l’aire de jeu, assortie d’une amende de 200 000 dinars, conformément aux articles 67 et 70 du règlement disciplinaire et à la décision publiée concernant cette affaire. Quant à la troisième journée, dont les rencontres se sont déroulées vendredi, samedi et dimanche, elle a été marquée par deux nouveaux cas d’insultes envers les arbitres, confirmant que ce phénomène ne se limite plus aux joueurs mais s’étend désormais aux membres des staffs techniques. Tout a commencé avec l’entraîneur adjoint de l’USM Alger, Khaled Lemmouchia, qui a contesté une décision de l’arbitre Bouab lors du match contre l’Olympique Akbou ; il a protesté après que ce dernier a sifflé la fin de la première mi-temps alors que l’USMA menait une attaque dangereuse sur le but de l’équipe adverse, la contestation ayant ensuite dégénéré en injures à l’encontre de l’arbitre. À peine la journée de championnat était-elle terminée qu’un nouvel incident survenait lors de la rencontre opposant l’ES Sétif au CS Constantine : l’expulsion du joueur constantinois Brahim Dib pour avoir insulté l’arbitre Yahia Dahar. Ce cas s’ajoute à la liste des joueurs exclus directement pour des propos injurieux envers le corps arbitral durant cette première journée. Ces incidents ont été marqués par des contestations directes et virulentes. On peut citer, par exemple, l’affaire impliquant l’entraîneur adjoint oranais Sebbah Ben Yakoub lors du match contre l’ASO Chlef, sanctionné pour avoir vivement contesté les décisions arbitrales. Un autre cas notable concerne la réclamation déposée par la JS Saoura à l’encontre de l’arbitre lors de la rencontre face à la JS El Biar. Toutefois, ce qui frappe dans ces cas ne tient pas à la simple contestation de l’arbitrage, un phénomène courant dans de nombreux championnats, mais à la répétition, sur une courte période, d’insultes directes proférées à l’encontre des arbitres. Ces comportements ont migré des tribunes vers le terrain de manière récurrente et rapprochée, et ce, malgré la révision des règlements disciplinaires et le durcissement des sanctions visant les contestations et les conduites injurieuses. Les suspensions pour plusieurs matchs et les amendes financières n’ont pas empêché la réitération de ces incidents, soulevant ainsi des interrogations quant à l’efficacité des sanctions pour endiguer de telles pratiques. Ces développements révèlent également l’ampleur de la crise de confiance manifeste entre les acteurs du championnat algérien, techniciens et joueurs et le corps arbitral. Cette situation s’inscrit dans un contexte de polémique persistante concernant les décisions d’arbitrage et la gestion de la commission dirigée par l’ancien arbitre international Mehdi Abid Charef, une controverse alimentée par les déclarations graves enregistrées récemment au sujet de l’arbitrage en Algérie. La décision de la télévision algérienne de suspendre l’analyse des faits d’arbitrage, que ce soit lors de la retransmission en direct des matchs du championnat ou dans les autres émissions sportives habituellement supervisées par l’ancien arbitre international Mohamed Zekrini, n’a pas permis de mettre fin à la polémique entourant l’arbitrage, comme en témoigne la persistance des contestations dans les stades. En revanche, l’absence de débat technique public sur ces situations laisse libre cours aux interprétations et limite la possibilité d’apporter des éclaircissements au public et aux acteurs du jeu concernant les décisions controversées. Alors que la Commission de discipline s’apprête à appliquer les sanctions prévues par les règlements, ainsi que les recommandations exigeant des arbitres qu’ils imposent leur autorité face aux joueurs et aux staffs techniques (afin de mettre fin aux scènes où les agents de sécurité doivent entourer le corps arbitral à l’issue des matchs), les manifestations de contestation violente et les insultes persistent dans le championnat. Cette situation appelle une réponse allant au-delà de la simple sanction disciplinaire, passant par la promotion d’une culture de respect envers les arbitres, une meilleure explication des décisions arbitrales et la mise en place d’un cadre technique permettant une véritable révision de l’arbitrage en Algérie.

A.M.

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